Serge Beucherie 14 Décembre 2009
Ma première rencontre avec Jean de Gribaldy, c’était devant un café à la gare de Lyon, pour signer un contrat professionnel. Mickey Wiegand, mon directeur sportif à l’ACBB était rentré en contact avec lui dans la semaine, pour lui faire part de mon désir de repasser pro après deux ans passé chez Fiat et être redescendu amateur dans mon club d’origine. Cela ne s’était jamais fait et Jean aimait ce genre de défi.
Nous nous sommes mis d’accord en cinq minutes.

Six mois plus tard je devenais Champion de France pour l’équipe Sem France Loire. Je lui dois beaucoup et encore maintenant, je m’inspire quelque fois de lui, lorsque je dirige mes coureurs, surtout sur le plan psychologique.



Avec le Vicomte il n’y avait rien d’impossible.

Dans la semaine avant le Championnat de France, je me sentais fatigué, plus envie de faire de vélo, je ne voulais même plus faire le Tour de France, nous étions au Tour de l’Aude, il est rentré dans ma chambre, que je partageais avec Marcel TINAZZI et il m’a dit : « BEUCHERIE c’est la première fois que je te vois avec un corps de coureur et si il y en a un qui doit être champion de France, c’est toi ». Le lendemain je finissais l’étape devant, j’ai repris le moral, la condition était là, il le savait.

Avec tous les coureurs qui sont passés chez de Gribaldy, nous pourrions écrire un livre de recueil de petites phrases de “de Gri.” « Tu es gros de l’intérieur » « tu débordes du vélo » « le Ventoux c’est un faux plat » « ils vont tellement doucement qu’ils se tombent dessus » et plein d’autres encore. Des anecdotes aussi.

Le soir du Championnat de France je devais rentrer chez moi, me ressourcer à la maison avec ma femme et mon petit Xavier, j’étais parti depuis plus de quinze jours et nous partions pour le Tour. Au lieu de cela, après une PETITE coupe de Champagne avec mes proches sur le coin d’un bar, nous sommes allés à Besançon, sa femme nous attendait avec un dîner diététique, une chambre était réservée dans un hôtel au fond de nulle part. Il protégeait ses coureurs, il voulait que l’on reste concentré sur notre métier. C’est lui qui avait raison et il aurait encore raison.

Je dois avouer que je suis parti de chez lui en très mauvais termes, mais lorsque je suis passé de l’autre côté de la barrière en 1985 nous nous sommes réconciliés. J’attendais ce moment là car malgré nos différents j’avais beaucoup de respect pour lui.

Il restera dans la mémoire du cyclisme comme un dénicheur de talent, un directeur sportif un peu à part qui savait parler à ses coureurs.

Merci Monsieur “de Gri", je pense toujours à vous.



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