Raymond Poulidor Septembre 2006
« J'ai un souvenir très précis de « Monsieur Jean de Gribaldy », c'est ainsi que je l'ai toujours appelé, moi qui l'ai connu dès 1960, alors que je débutais ma carrière professionnelle. Nous évoquons souvent entre amis ses méthodes à l'ancienne, souvent moquées, mais qui fonctionnaient, ses convictions et ses principes simples, et son incroyable aptitude de dénicheur de talents. Je pense à Sean Kelly en particulier, qui ne l'a pratiquement jamais quitté, à Joaquim Agostinho également.

Il avait ses entrées dans les boîtes où se croisait le Tout Paris, et c'est bien souvent là, entouré de ses amis du show-biz, qu'il réussissait à convaincre un sponsor de se lancer dans l'aventure. Il faisait beaucoup avec des budgets serrés, et disait souvent qu'il était inutile d'avoir autant de monde autour des coureurs, autant de véhicules... Quand je vois l'armada que draine aujourd'hui derrière elle une équipe cycliste, je reste sceptique sur l'utilité de tout ça... Là aussi, il avait raison.

Je l'ai croisé peu avant sa disparition, à Combloux, où il organisait chaque année en janvier la semaine arc-en-ciel : une période privilégiée de remise en forme et d'oxygénation de ses coureurs. Il quittait la station pour, m'a t'il dit, revenir le lendemain. C’est aussi ça Jean de Gribaldy, l’homme en mouvement, insaisissable. Je ne l'ai jamais revu.

Précurseur dans bien des domaines de la chose cycliste qu’il tenait en haute estime, incarnation de l’élégance et de la générosité, défenseur d’un sport noble et à taille humaine, il était notre maître à tous. Nous pensons à lui très souvent.»


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