Roger Pingeon 3 Novembre 2006
«Bien que pas mal de lustres soient passés depuis sa disparition brutale ; pour moi, le souvenir de Jean de Gribaldy reste très vivace. L’ayant côtoyé de 1965 à 1974, avant le départ des courses, aussi bien qu’après les arrivées, de même qu’à l’hôtel quand nos équipes étaient ensemble. Je n’ai que le souvenir d’un homme d’une exquise compagnie, d’une politesse mêlée d’humour et d’un éternel grand sourire, quel que fut le résultat de ses coureurs dans la journée. Même les jours de plus noire malchance, il gardait ce sourire inoubliable.

J’avais mis fin à ma carrière (32 ans) au milieu du Tour de France 1972 et je tenais « la barre » d’un café acheté à Maubeuge. Je n’avais pas fait le moindre entretien physique et un soir de début janvier 1973, Jean m’appelle au téléphone, je ne sais toujours pas comment il a fait pour me faire changer d’avis et reprendre la compétition dans une nouvelle équipe (ROKADO) qu’il venait de mettre sur pied.

Ce fut terrible pour moi, car j’avais un énorme retard de préparation (le mot est bien faible), je n’ai commencé la compétition que vers la mi-mars, j’étais en condition moyenne au départ de la Vuelta vers le 20 avril, mais je n’allai pas plus loin que le 1er mai, ce jour là une chute avec fêlure du bassin me rendait « inutilisable » jusqu’à la fin de saison. Mon contrat ayant été résilié le mois suivant. Je n’avais donc guère eu le temps d’apprécier Jean au sein de son équipe et c’est bien regrettable. Je suis très satisfait d’avoir pu apporter un petit plus à l’énorme quantité de témoignages que va susciter votre projet. Avec mes salutations les meilleures».


N.B : Roger Pingeon, vainqueur du Tour 1967, second en 1969. Vainqueur de la Vuelta 1969. Roger a collaboré au remarquable ouvrage "Carnets de route. Tours et détours" de Bertrand Duboux (Editions Slatkine -2003). Y figure un très bel hommage à Jean.


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