Georges Zellvegre 1 mars 2010
J’ai fait la connaissance de Jean de Gribaldy en 1947, il était coureur professionnel à l’époque et venait d’ouvrir son premier magasin, « Au Tour de France », rue Mégevand à Besançon. Par la suite, il a ouvert une boutique au coin de la rue des Granges et de la rue Luc Breton, avant de racheter le café de la Bourse, « la Bourse » Place du Marché, en 1954.

Dès la fin des années 40, il a souhaité sponsoriser des coureurs, et c’est ainsi que des maillots siglés « de Gribaldy », rouges, ont fait leur apparition. J’ai couru dans son équipe de 1951 à 1955, avec mon frère Pierre, André Bouiller, Michel Tissot, et Maurice Menière notamment, avant de poursuivre chez Peugeot. Les cycles Terrot, qu’il vendait dans sa boutique, ont longtemps été notre co-sponsor. Nous participions à des courses dans toute la région, des cyclocross en particulier, et bien au delà, notamment en Haute-Marne, en Saône et Loire, en Bourgogne et dans les Ardennes.

J’aimais beaucoup Jean, c’était quelqu’un qui savait où il allait. Un gentil garçon, poli et doux, qui n’élevait jamais la voix. Avec cet incroyable charisme. Un bon coureur, un grimpeur, mais qui ne s’entrainait pas assez. Il faut dire qu’il était très occupé, entre les courses, son magasin...Toujours pressé, fourmillant de projets, je me demandais quand il pouvait bien prendre le temps de manger ! Je me souviens des cyclocross, les tracés très exigeants à travers les vignes. Nous partions de très bonne heure, et une fois la course finie, nous étions invités chez les vignerons, qui nous payaient en bouteille. Marsannay, Pommard, Volnay, Nuit Saint-Georges, Meursault, que des grands crus souvent, et nous repartions avec la camionnette chargée de bouteilles. Nous courrions avec les meilleurs du moment, comme André Dufraisse et Roger Rondeaux, qui furent champion du monde de la discipline à plusieurs reprises. Tous les deux étaient coureurs chez Terrot avec Jean. Il y avait des courses toutes les semaines, nous courions parfois du samedi au lundi, deux fois par jour ! Autour de Besançon, en 1951, nous grimpions le mur des Sœurs, qui partait de la rue Brulard à proximité des Saintes Familles... En 1955, sur cette photo avec André Bouiller, nous sommes dans le quartier de Saint-Ferjeux à Besançon, à proximité de l’arrêt du tramway. A gauche, c’est Monsieur Letondor, un passionné de cyclisme, qui sponsorisa bien des courses à l’époque. Il était commerçant à Besançon, Grande rue tout près de la Place Saint-Pierre. Je me souviens de ses publicités « Tout ce qui brille n’est pas d’or, achetez vos bas chez Letondor ».

Très tôt, j’ai compris que Jean se préparait un avenir hors du commun. Il était en avance sur sa génération, dans la manière de gérer ses déplacements, lui qui pilotait son propre avion. C’était un garçon décidé, fonceur, toujours en action. Il pouvait compter sur son épouse Isabelle, qui dirigeait de main de maitre le magasin de la Place du Marché.

J’ai aussi suivi sa carrière de directeur sportif, j’ai su très tôt qu’il avait le potentiel de diriger des équipes professionnelles et ce don de dénicher des coureurs de talent, comme Jourden ou Agostinho. Une belle époque que tout cela.


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