Patrick Mauvilly 16 Novembre 2006
Le «Vicomte» évoque pour moi un personnage attachant, sympathique, souriant, aimable et rusé.

Il n’avait pas son pareil pour attirer les jeunes talents dans ses effectifs. Souvent décrié, jalousé, mais toujours là avec une équipe de valeur. Il aimait brouiller les cartes et laissait libre cours aux attaquants de son équipe. Tout le monde avait sa chance au départ. Le seul problème était qu’il faisait parfois trop courir ses «protégés». Il aimait tellement les voir sur un vélo qu’il ne supportait pas qu’ils soient à la maison car il ne maîtrisait pas leur activité.

Un coureur devait faire «le métier» toute l’année avec tous les sacrifices que cela implique. Pas de bons repas, pas d’alcool ni de sorties nocturnes et encore moins de «femmes». Aux repas, il nous mettait toujours du sucre roux moins toxique pour l’organisme et des biscottes. Il faisait supprimer tout ce qu’il pensait superflu. Il voulait des coureurs «affûtés».

Ma première rencontre avec «De Gri» s’est déroulée dans son magasin avec Agostinho, premier coureur pro que je rencontrais. C’est grâce au «Vicomte» que j’ai aimé le vélo. En effet les vélos qu’il installait en vitrine en ont fait rêver plus d’un à commencer par moi. Le vélo «Tigra»... tous les initiés de mon âge s’en souviennent.

Jean de Gribaldy a fait énormément pour le vélo à Besançon. Ses connaissances dans le monde du show-biz lui ont permis de faire venir de grands noms à Besançon. Le Trophée « de Gribaldy » était l’occasion en fin de saison de réunir le gratin du cyclisme franc-comtois. Ce Trophée était motivant. Nous nous retrouvions tous dans son magasin place du marché. Que de bons souvenirs !!

Il manque beaucoup. Personne ne l’a remplacé à Besançon. A tel point que les grands clubs francs-comtois se trouvent à Etupes ou à Morteau…S’il était encore en vie, je pense que le vélodrome de Besançon n’aurait pas été détruit, il n’aurait pas laissé faire cela. Il se serait battu contre cela ou il aurait tout fait pour qu’il soit implanté ailleurs. C’est un scandale.

Pour ma part, je suis en reconversion. Si il avait encore été de ce monde, je suis sûr qu’il aurait fait le tour de ses innombrables relations pour me placer un emploi. C’était un personnage tellement attachant, atypique et aventurier qu’il ne pouvait laisser personne indifférent. Il me manque malgré des divergences sur certains sujets.


N.B : Bisontin, Patrick Mauvilly a débuté sa carrière professionnelle sous les couleurs
Miko-de Gribaldy en 1976.



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